Les possibilités de don d’organes en France
Après le décès (don “post-mortem”)
En France, on peut prélever (selon les situations médicales) des organes comme : reins, foie, cœur, poumons, pancréas, et aussi des tissus (cornées, peau, valves, os…). Le prélèvement n’est réalisé qu’à des fins thérapeutiques ou scientifiques, et dans un cadre strict.
Du vivant (don “de son vivant”)
Le don d’organe du vivant est possible surtout pour :
un rein
une partie du foie
Le cadre est très encadré (bilan médical/psy, protection du consentement, etc.).
La législation française en 2026 (les règles clés)
Consentement présumé (don après décès)
En France, toute personne est présumée donneuse après sa mort sauf si elle a exprimé un refus de son vivant.
Comment exprimer un refus ?
Le moyen le plus “solide” : s’inscrire au Registre National des Refus (RNR) (en ligne ou par courrier).
On peut aussi exprimer son refus autrement (et il peut être modifié/révoqué).
Rôle des proches
Au moment du décès, l’équipe médicale vérifie le RNR et informe les proches de la nature/finalité du prélèvement, selon les bonnes pratiques.
principes intouchables (post-mortem et vivant)
Gratuité (interdiction d’acheter/vendre un organe)
Anonymat entre donneur et receveur (hors cas spécifiques encadrés)
Équité d’accès à la greffe via des règles nationales
Donner un rein à quelqu’un (don du vivant) : qui peut donner à qui ?
En France, le don de rein du vivant est possible au bénéfice :
d’un proche familial (liste élargie : parents, enfants, frères/sœurs, grands-parents, oncles/tantes, cousins germains…)
du conjoint d’un parent
d’une personne prouvant une vie commune d’au moins 2 ans
ou d’une personne prouvant un lien affectif étroit et stable d’au moins 2 ans
Protocole complet (parcours) pour donner un rein à un proche
Étape A — Premier contact et information
Le receveur est suivi (souvent en néphrologie). Si un proche se propose, l’équipe vérifie les grandes lignes : groupe sanguin, antécédents, motivation, compréhension des risques.
Étape B — Bilan médical + immunologique (donneur/receveur)
Objectifs :
s’assurer que le don est sans danger disproportionné pour le donneur
vérifier la compatibilité et le risque de rejet (groupes sanguins, anticorps, tests de compatibilité)
L’Agence de la biomédecine publie des recommandations cliniques détaillées sur le don vivant de rein (bilan, suivi, sécurité).
Étape C — Évaluation du consentement / protection du donneur
Le don doit être libre et éclairé, avec des étapes de validation prévues par la réglementation (dont l’expression formelle du consentement devant une autorité, selon la procédure en vigueur).
Étape D — Décision et programmation de l’opération
Néphrectomie (souvent par cœlioscopie selon les centres)
Hospitalisation + convalescence, puis suivi médical au long cours (contrôle régulier de la fonction rénale).
Neutralité financière
Le don est gratuit, mais le donneur ne doit pas payer pour son geste :
prise en charge des frais médicaux
prise en charge des frais non médicaux (transport, hébergement…)
possibilité d’indemnisation de la perte de rémunération selon les règles applicables
Et si le donneur n’est pas compatible ? (don croisé)
Quand un donneur veut aider un proche mais qu’ils sont incompatibles (ABO et/ou immunologique), il existe le don croisé : on échange entre paires donneur/receveur pour trouver des compatibilités.
Depuis l’évolution de la loi de bioéthique, la France permet des “chaînes” plus larges (jusqu’à plusieurs paires), ce qui augmente les chances de match.
Recevoir un rein d’une personne décédée : compatibilité et attribution
La compatibilité médicale (en pratique)
Pour une greffe rénale à partir d’un donneur décédé, les équipes regardent notamment :
Compatibilité ABO (groupe sanguin)
Compatibilité immunologique : HLA, anticorps anti-HLA, niveau d’immunisation (patients “hyperimmunisés” plus complexes)
Crossmatch (test final donneur/receveur) pour éviter un rejet immédiat
La compatibilité ABO est une règle de base (avec des priorités et exceptions selon protocoles/indications).
Comment l’attribution se décide (liste d’attente + règles nationales)
Le patient doit être inscrit sur la liste nationale d’attente (gérée via les systèmes de l’Agence de la biomédecine).
L’attribution du rein se fait selon des règles nationales combinant priorités médicales et scores (ex : “Score rein”) pour classer les receveurs quand un greffon est disponible.
La HAS rappelle aussi l’enjeu d’un accès équitable à l’inscription et au parcours de greffe.
Le parcours patient en 2026 (receveur) : de la néphro à la greffe
Repérage (insuffisance rénale avancée) et discussion greffe vs dialyse
Bilan pré-greffe (cardio, infectieux, cancéro, immunologique, psycho/social…)
Inscription sur liste nationale (puis activation/inactivation si besoin)
Attente : appels possibles à tout moment si un rein compatible est proposé
Greffe + suivi à vie (immunosuppression, contrôles, prévention infections/cancers…)


